De la clarté dans l'obscurité des jours

Novembre, l’air est frais, piquant. Les journées sont déjà courtes en cette période de l’année dans le nord de l’Europe et il faut un peu d’ingéniosité pour garder son horloge biologique en éveil. Heureusement les possibilités de rester alerte ne manquent pas.

L’architecture est globalement caractérisée par une sobriété typique des pays d’Europe du Nord et par un passé suédois et russe. Le centre ville, et en particulier le cadre et les alentours de la place du Sénat, constitue un remarquable ensemble néo-classique.

Architecture

La ville fut profondément modifiée après son annexion par la Russie, selon un plan orthogonal conçu par l’architecte Carl Ludwig Engel. La place du Sénat, un ensemble monumental néoclassique, est au centre de ce plan. Elle est bordée par les bâtiments de l’université, le Conseil d’État et la cathédrale luthérienne. Non loin, la cathédrale de l’Assomption (Uspenski) ; avec ses coupoles dorées et sa facade de brique rouge, est l’un des symbôles les plus clairs de l’influnce russe dans l’histoire d’Helsinki.  Conçue par l’architecte russe Alexey Gornostaev, c’est la plus grande cathédrale orthodoxe d’Europe de l’Ouest.

L’Art nouveau (Jugend) a fait l’objet en Finlande d’une interprétation particulière : le romantisme national. Ce style puise une large part de son inspiration et de ses influences dans le Kalevala, l’épopée nationale finnoise et a connu son apogée dans les premières années de 20ème siècle. Les exemples les plus célèbres sont le Musée national de Finlande (par le cabinet d’architectes Gesellius Lindgren Saarinen) et le Théâtre National (Onni Tarjanne). L’Art nouveau tardif est majestueusement représenté par la Gare centrale (Eliel Saarinen), le néoclassicisme nordique des années 1920 par le Palais du Parlement (J. S. Siren), le fonctionnalisme par le Stade Olympique (1938) et le Palais de verre (Lasipalatsi, 1935).

L’architecte moderne Alvar Aalto a réalisé à Helsinki certaines œuvres mondialement célèbres. Il joua un important rôle d’urbaniste en Finlande après la guerre. Dès la fin des années 1920, il se démarque de ses contemporains (Gropius, Le Corbusier ou Breuer) dont le rationalisme renvoie à l’utilisation de matériaux industriels comme l’acier et le verre qu’il considère trop froids. Il propose une vision plus humaniste et plus proche de la nature et fait du contreplaqué son matériau de prédilection. À la fois fonctionnel et séduisant, ce design va immédiatement signaler la nouvelle voie ouverte par l’usage de contreplaqué et l’émergence d’un vocabulaire de formes plus douces et chaleureuses.

On trouve également une architecture en bois interressante, les réalisations les plus récentes sont la Chapelle du Silence de Kamppi et le Sauna de la Culture (2012). A noter aussi l’église de Temppeliaukio (1969), profondément creusée dans la roche (Timo et Tuomo Suomalainen), le musée d’art moderne Kiasma (1998), dessiné par l’Américain Steven Holl. La Maison de la Musique (2011), dessinée par le bureau d’architectes LPR à côté du Palais Finlandia, et la maison Kaisa (2012), construction en verre primée de la bibliothèque principale de l’Université, conçue par Anttinen Oiva Arkkitehdit Oy.

La terrace du café-vestiaire en bois (Katamaraani), situé sur la plage de Hietaranta dans le quartier Hietalahti, terminé en 2011.

La cathédrale évangélique luthérienne, place du Sénat. Dessinée et affinée pendant une décennie par l’architecte Carl Ludwig Engel, construite entre 1830 et 1852.

La Chapelle du Silence, conçue par Mikko Summanen, place Narinkka, en plein quartier commerçant considéré comme l’un des plus bruyants de Finlande. À l’intérieur, un silence absolu propice au recueillement et l’opportunité de rompre le rythme.

La Maison de la Culture (Kulttuuritalo), un des bâtiments conçus par Alvar Aalto dans sa période “brique rouge”, situé dans le quartier d’Alppila.

Qualité de vie

La ville a eu droit à la première place du classement de l’étude 2011 publiée par le magazine Monocle sur les capitales offrant la meilleure qualité de vie.
Le magazine tresse des lauriers à Helsinki pour “l’audace profonde dont fait preuve la ville pour redéfinir ses projets urbanistiques, avec un état d’esprit qui fait que toutes les orientations nouvelles y sont mises en œuvre avec talent, inventivité et cran”.

Tyler Brûlé, rédacteur en chef de Monocle, explique les critères de classement: “Nous avons décidé que les résultats de cette année ne se focaliseraient pas seulement sur les aspects pratiques des villes citées au classement, et que nous prendrions désormais en compte le produit final.” Ainsi, l’étude “Qualité de vie” met particulièrement l’accent sur des villes qui ne ferment pas à 22 heures et où il existe un équilibre entre architecture traditionnelle et projets urbanistiques novateurs ; de même, il a été tenu compte pour le classement de “critères objectifs, comme le nombre de places assises en extérieur, la superficie des espaces verts et le nombre d’heures d’ensoleillement.”

“Helsinki est sur une très bonne pente”, ajoute Brûlé. “Le taux de criminalité est bas, les chiffres du chômage sont raisonnables, le système éducatif n’a rien à envier à ce qui se fait dans les pays le plus en avance dans ce domaine, et la culture culinaire témoigne d’une vigueur éclatante ; quant à l’esprit d’entreprise et d’innovation, il imprègne profondément la culture d’entreprise de la Finlande, pays jeune et doté de nombreux talents et compétences techniques. Qui plus est, Helsinki est dotée d’infrastructures et d’équipements qui fonctionnent en général à merveille.”

NOVEMBRE

1649 km

BRU > HEL

-2°C

MIN

+4°C

MAX

8:16AM

Lever du soleil

3:52PM

Coucher du soleil

La cathédrale de l’Assomption (Uspenski), conçue par l’architecte russe Alexey Gornostaev, est la plus grande cathédrale orthodoxe d’Europe de l’Ouest.  Avec ses coupoles dorées et sa facade de brique rouge c’est l’un des symbôles les plus clairs de l’influence russe dans l’histoire d’Helsinki.  Construite sur ordre de l’empereur Alexandre II de Russie entre 1862 et 1868, elle est située à proximité du centre ville, sur une colline de la péninsule de Katajanokka.

Les strates révélatrices du passé suédois, de la période russe et de la phase finlandaise se lisent aisément sur les bâtiments.

Les vélos Jopo, considérés depuis plus de 50 ans comme culte en Finlande. Le mot Jopo est issu d’une contraction signifiant le vélo de tout le monde.

"We should work for simple, good, undecorated things, but things which are in harmony with the human being and organically suited to the little man in the street."

Alvar Aalto