Une série à propos de la ruralité, du profane et du sacré. De la façon dont ces concepts ont façonnés le paysage et notre perception.

Texte écrit sur une chapelle

À propos

Note d'intention — Pascal Liénard

C’est dans un espace situé entre la mise en exergue de dualités et le constat que j’ai envisagé la création de cette suite d’images, posant un regard distancié entre un héritage historique et un à-venir, entre une ruralité mouvante et les cycles des éléments, entre le sacré et le profane.  L’un étant l’écho de l’autre, l’un englobant l’autre.

J’ai mené cette réflexion dans mon environnement proche, local en confrontant les éléments que j’ai sous les yeux. La trame est née avec le lien qui unit la tradition, l’actuel et l’avenir d’un monde rural.

C’est une démarche qui prend ses racines localement mais elle ne tend pas à décrire la spécificité d’un territoire : ce sont des lieux qui sont chargés de la rémanence d’un paysage de l’hier, de petites traces encore visible qui passent inaperçu, c’est une oscillation silencieuse, un déplacement sur un chemin où l’on avance indifféremment du passé qui disparaît.

Des chapelles -petits édifices religieux populaires- ponctuent de leur forme architecturale souvent blanche un paysage façonné par le travail agricole, les cultures, l’habitat. Leur présence est acquise, commune, mais pourtant elles semblent greffées de force dans le paysage comme d’autres éléments, profanes, agricoles, agri-culturels. L’un et l’autre peuvent être réduits à une entité formelle à qui l’on prête des valeurs.

Ces dualités tendent à souligner les rapports aux lieux et aux valeurs d’une ruralité qui semble laisser passer son temps. Qu’y a-t-il derrière cet horizon où la terre profane  semble toucher le sacré du ciel. Derrière le manque d’horizon, derrière une porte qui ne mène nulle part, un mur, un épais brouillard, une clôture, une route dont on ne voit pas où elle nous conduira, un chemin boueux.  Est-ce que l’on espère y trouver une promesse de demain ou est-ce l’hier qui engloutit l’espace. Deux couloirs dans un espace ténu où l’on pense une temporalité figée, dans un décor pourtant en devenir et où s’entrecroise les différentes strates.